Pots en terre cuite au potager : un refuge utile aux auxiliaires
Un vieux pot en terre cuite peut servir à bien plus qu’à décorer une terrasse. Retourné et rempli de paille, il offre un abri aux perce-oreilles, prédateurs de pucerons, tandis que d’autres pots poreux, les ollas, diffusent l’eau au pied des cultures. Deux usages à ne pas confondre, mais une même idée : s’appuyer sur des objets simples pour soutenir le potager.
À l’approche du gel, beaucoup de jardiniers mettent leurs poteries à l’abri. Les pots fissurés par le froid ont de quoi rendre prudent. Pourtant, une pièce un peu ébréchée peut rester dehors et rendre service : installée au fond du jardin, elle devient un refuge pour les forficules, souvent appelés perce-oreilles.
Ce petit insecte a mauvaise réputation à cause de ses pinces, mais il se nourrit notamment de pucerons. En l’accueillant près des plantations sensibles, on favorise une lutte biologique discrète, sans pulvérisation. Le pot ne remplace pas l’arrosage, mais il peut contribuer à préserver des plantes potagères en meilleure santé.
Fabriquer un abri à perce-oreilles avec un pot retourné
La fabrication prend quelques minutes. Choisissez un pot de taille moyenne, sans grande fissure, puis garnissez-le de paille sèche ou de foin propre. Tassez juste assez pour que le contenu tienne en place : de petits espaces permettront aux insectes de s’y glisser et de s’abriter.
Retournez le pot sur un tuteur ou posez-le directement au sol, ouverture vers le bas. Le trou de drainage se retrouve alors en haut, pratique pour suspendre l’abri, tandis que l’ouverture protège la paille des averses. Une jardinière inutilisée peut ainsi reprendre du service plutôt que finir au fond du cabanon.
- Choisissez un endroit calme, près des cultures régulièrement visitées par les pucerons.
- Évitez les zones très venteuses ou détrempées, qui rendent la paille moins accueillante.
- Placez plusieurs abris à un ou deux mètres d’écart pour répartir les refuges.
- Contrôlez la garniture après les fortes pluies et remplacez-la si elle est humide ou tassée.
Installé dès l’automne, le refuge est prêt à accueillir ses occupants avant le retour des beaux jours, lorsque les pucerons colonisent souvent les jeunes pousses. Un petit contrôle de temps à autre suffit : inutile d’en faire un chantier hebdomadaire.
Perce-oreilles et pucerons : un équilibre au jardin
Actif surtout la nuit, le forficule se nourrit de pucerons, mais son menu ne s’arrête pas là : il consomme aussi certains œufs d’insectes et des débris végétaux. Il peut donc participer à l’équilibre du jardin, même si son régime varié ne garantit pas la disparition des ravageurs.
Vous cultivez des fèves, des artichauts ou des rosiers près du potager ? Placez un abri non loin des plantes à surveiller. Il ne s’agit pas de déplacer les insectes à la main, mais de leur proposer un endroit sombre et protégé, à proximité de leur nourriture.
Le jardinier peut observer l’activité au fil des semaines et adapter l’emplacement. Si des perce-oreilles s’installent dans une zone où ils abîment des fruits mûrs, déplacez le pot vers des cultures plus exposées aux pucerons.
Ollas et arrosage : un autre usage des pots poreux
Le pot retourné garni de paille ne régule pas l’humidité du sol. Pour une irrigation naturelle, le principe des ollas est différent : un récipient en terre cuite non émaillée est enterré près des racines, rempli d’eau et fermé par un couvercle. Sa paroi poreuse laisse l’eau se diffuser progressivement dans la terre.
Cette méthode peut aider à limiter les pertes par évaporation et faciliter l’arrosage des rangs de légumes, surtout quand les journées sont chaudes. Son efficacité dépend de la taille du récipient, du sol et des besoins des plantes. La récupération d’eau de pluie permet de le remplir et favorise une économie d’eau, sans dispenser de vérifier régulièrement la terre.
| Usage du pot | Installation | Rôle au jardin |
|---|---|---|
| Refuge à perce-oreilles | Retourné, garni de paille sèche | Abriter des auxiliaires consommateurs de pucerons |
| Olla d’arrosage | Enterrée, remplie d’eau et couverte | Diffuser l’eau près des racines |
Ces deux gestes relèvent du jardinage écologique, mais ne répondent pas au même besoin. L’un soutient la biodiversité auxiliaire, l’autre apporte de l’eau au niveau des racines : bien distinguer leurs fonctions évite les fausses promesses.
Questions pratiques sur les pots en terre cuite au potager
Quand installer un abri à perce-oreilles ?
Dès l’automne, afin que les insectes puissent trouver un refuge avant le retour du printemps. Un pot peut aussi être installé plus tard, près des cultures sensibles aux pucerons.
La paille doit-elle rester parfaitement sèche ?
Elle doit rester sèche ou simplement peu humide. Après une période pluvieuse, vérifiez-la et remplacez-la si elle est détrempée ou compactée.
Un pot retourné permet-il d’arroser les légumes ?
Non. Pour un arrosage diffus, il faut une olla en terre cuite poreuse, enterrée et remplie d’eau. Le pot garni de paille sert de refuge aux perce-oreilles.
Les perce-oreilles mangent-ils uniquement des pucerons ?
Non. Ils consomment aussi d’autres petites proies et des débris végétaux. Leur présence aide à l’équilibre du jardin, sans éliminer à elle seule tous les ravageurs.




